Compte-rendu de la dernière réunion du groupe AMP stratégie de l' Agence de Biomédecine.

Le  groupe de travail  de l’ ABM « Stratégie en AMP» NOUVEAU est arrivé ce jour (en avance sur le beaujolais  !). Après une interruption de plus d ‘un an les réunions du groupe de travail «  Stratégie en AMP  » ont repris. Le nouveau groupe comprend 22 membres  nouveaux ou anciens  choisis par l’ABM sur  désignation des sociétés  savantes et est piloté par Philippe Jonveaux qui a succédé à Dominique  Royère.

La réunion a commencé par une présentation des  groupes de travail en cours  et de leurs travaux.
Un groupe est dédié au suivi des femmes et des enfants après AMP et a déjà réalisé un travail comparant la morbidité maternelle et périnatale  entre grossesses  FIV et grossesses spontanées qui sera disponible en janvier 2019. Trois posters ont été présentés à la FFER. Ce groupe a pour projet de réaliser une fiche d’information destinée aux couples sur ces risques et de faire l’étude (attendue) comparant grossesses FIV et grossesses chez les femmes ex infertiles.

L’ABM  s’interrogeait sur le maintien du groupe « accueil d’embryon » qui réunit les 19 centres qui pratiquent l’accueil en France.10 266 embryons destinés à l’accueil sont conservés au 31 12 2016. 2 à 3 % seulement des embryons théoriquement disponibles pour le don sont effectivement transférés. Le groupe a souligné la lourdeur administrative pour les couples donneurs  (le TGI  du 92 avec de nouveaux  dirigeants  demande désormais à auditionner systématiquement  les couples   donneurs !)   et  a insisté sur la nécessité de simplifier les  démarches pour les donneurs. Ce groupe a donc  clairement encore des raisons d’être ! En France en 2016 il y a eu  154 transferts  de  350  embryons donnés (au lieu des 2650 transferts qui pourraient être réalisés).

Pistes : faciliter les démarches du don, centrer sur quelques centres pilotes

Quelques infos en vrac :

Les demandes d’accès aux données AMP (charte): possibles pour  tous   dans le cadre d’études, sont encore très rares : aucune en 2017 et 2 en 2018. Conclusion : « n’hésitez pas  si vous avez besoin des   données nationales  pour faire une étude » 

Sur la préservation de la fertilité (plan cancer) : une nouvelle enquête  auprès des  ARS est prévue en 2019. Un document pour la modélisation des plateformes de PF a été présenté. Mise en place d’une ERCP en région PACA. Nécessité de suivi des cohortes. Tout le groupe a souligné l’importance que chaque centre de cancérologie puisse travailler avec un centre d’AMP. Enquête VICAN 5 : 11.9% des femmes et 17.6% des patients/patientes se sont vus proposés une PF !

Pôle qualité des données : Le recueil des  informations pour les  IIIU  est en cours pour la première année, le but est de fournir un rapport fin 2018 sur les IIIU 2017.

Rapport d’activité 2016

Pour la 1ère année, il y a 2 sources de données : le rapport agrégé fourni par chaque centre et les données individuelles.

Le rapport porte sur 102 centres clinico biologiques et 90 laboratoires d’AMP.

Les tendances :

  • Les IIU diminuent : 52 368  contre 56 468  en 2014
  • Les FIV/ICSI  restent stables : 62 623 
  • Les TEC  continuent à augmenter : 32 739  contre  25 416  en 2014

Il y a  eu  746  ponctions pour don  d’ovocytes en 2016, dont 120 nullipares (540 en 2015) et 154 accueils d’embryon (augmentation de 50% du nombre de donneuses entre 2015 et 2016 : 255 à 363). Mais le nombre d’enfants nés par DO reste stable à 256.

Augmentation également du nombre de donneurs de sperme de +38% en 2016.

Le taux de grossesse multiple en FIV est passé de 16,6 % en  2014 à  13,2% en 2016  et en IIU de 10 ,7% à  9,6 %.

Les MIGAC pour le don d’ovocyte sont désormais de  60 000 euros jusqu’à 9 ponctions, puis par pallier de 5 entre 10 et 39, de 35 000 euros puis à partir de 40 ponctions, de 25 000 euros toujours par paliers de 5. Il faut rajouter que si la ponction est bien enregistrée comme une ponction pour don d’ovocyte le  GHS (dans le public) est de 1449 euros contre 1 172 euros pour les ponctions FIV. Un groupe de travail spécifique don d’ovocyte a été crée en 2017.

Evaluation  des centres d’AMP

Les résultats 2016  vont nous être envoyés prochainement, plus tôt que d’habitude.

Rappel : il y a jusqu’à présent 4 indicateurs : le taux d’accouchement par ponction (hors les freeze all)  de  l’année N, le  taux d’accouchement par décongélation de l’année N, le taux  d’accouchement cumulé  frais plus congelé de l’année N- 1 et le taux  de grossesses multiples. Il y aura en plus le taux d’accouchement par tranche d’âge,  et le rang de la tentative a été ajouté dans les facteurs d’ajustement.

Pour les petits centres (< 300 ponctions a précisé l’ ABM), il  y a 2 évaluations par an et  2 ans d’activité poolées pour augmenter la pertinence.

Le taux moyen d’accouchement/ponction  2016 est de   20.6 %  avec 13,2 % de grossesses multiples  contre 20.5  % en 2015.

Le taux cumulé   2015  est de 25,9 %  contre  25.5 % en 2014 (pour les taux cumulés, il y a un an de retard).

24% des transferts sont des eSET 

 

En IIU le taux d’accouchement 2016 est 11.7 %  contre 10.5 en 2015.

Le projet de l’ABM est  de contacter les centres en difficultés plusieurs années de suite pour les aider en réalisant  des analyses complémentaires et en leur proposant  des échanges avec d’autres professionnels   soit anonymement, soit dans le cadre du groupe  de travail Evaluation

CUSUM (cumulative sum control chart)

l’ABM conduit des actions de monitorage de la performance des équipes fondées sur des méthodes (Funnel Plot et CUSUM) visant un suivi et un retour très réactif entre ABM et professionnels. Ces outils leur permettent de s’auto évaluer en continu par rapport à des standards définis, locaux et nationaux.

Le CUSUM est une méthode de surveillance plus réactive que le Funnel Plot qui permet le suivi de certains événements sentinelles, par le biais d’une représentation graphique tabulée/ajustée sur laquelle figure, d’une part, le seuil attendu de survenue de ces événements en fonction de l’activité de l’équipe (basé sur la moyenne nationale ou sur les résultats antérieurs de l’équipe) et, d’autre part, un seuil d’alarme calculée sur une augmentation de 50% des événements sentinelles de la cohorte analysée.

AMP vigilance  actualités

Il y a eu en 2017  457  déclarations de la part de 80 centres

361 effets indésirables  (26 infections, 59 hémopéritoines et 220  HSO)   et   98 incidents. Un guide d’aide à la gestion  d’une salle de cryoconservation en AMP a été  adressé à  tous les centres en juin. Une analyse de la cartographie des risques en AMP est en cours.

La question de la gestion des alarmes (incubateurs critiques, cuves d’azote..) en continu 24/24 a été discutée. Sa mise en place (astreintes opérationnelles, PM/PNM, ..) pose différents problèmes.

 

Amicalement à tous

Joelle Belaisch Allart et Philipe Merviel    GEFF
Rachel Levy  et Jérôme Pfeffer  BLEFCO
Nicolas Chevalier  SMR
Olivier   Pirello et Pietro Santulli  CNGOF